FIBROMYALGIE
- SPID
TRAITEMENTS
Source - Texte intégral : Info
Myalgie -
J. Eisinger
La douleur est le symptôme majeur des FM et elle est liée aux troubles du
sommeil, à la dépression, et surtout au désentraînement qu’elle pérennise.
Voir également SPID- Fibromyalgies (Généralité,
Diagnostic)
Certains médicaments peuvent déclencher une FM, notamment les chimiothérapies
anticancéreuses ; d’autres peuvent théoriquement l’aggraver tel que
l’omeprazole - MOPRAL/ZOLTUM (qui entraîne des perturbations du métabolisme de
la vitamine B1), la quinine ou ses dérivés (qui provoque une déplétion en ATP)
ou la cimétidine (TAGAMET) ou le clofibrate (CLOFIBRAL(LIPAVLON) qui induisent
des myopathies toxiques.
Les bétabloquants, susceptibles d’aggraver les troubles de la glycolyse
(et de déclencher une FM) sont à éviter.
LES THERAPEUTIQUES ANTALGIQUES CLASSIQUES
Les anti-inflammatoires non
stéroïdiens sont peu efficaces en monothérapie.
Les
morphiniques sont inefficaces et mal tolérés.
Esculape : Ce qui éliminerait un mécanisme par excès de stimulation
nociceptive ??? et la paracétamol serait efficace !!!!.
A prescrire
le paracétamol demeure
le traitement de choix (à la demande ou en continu) des douleurs des FM.
Il peut-être utilisé seul ou en association avec certains produits comme la
caféine, la codéine, ou le d-propoxyphène qui dans certains cas peuvent amener
un plus.
MEDICAMENTS A VISEES METABOLIQUE(Les
noms commerciaux ont été rajoutés sur le site Esculape)
De nombreuses anomalies vitaminiques et hormonales ont été signalées au cours
des FM ainsi que des perturbations du métabolisme du magnésium et de certains
acides aminés.
VITAMINES ET HORMONES
A
éviter
Les taux de vitamine
A plasmatique des FM étant à la limite supérieure de la
normale et des travaux américains ayant révélé que cette vitamine pouvait
aggraver les " rhumatismes des tissus mous ", elle doit être évitée
chez les fibromyalgiques.
Les corticoïdes n’ayant aucun effet
sur les douleurs et ne pouvant entraîner que des effets indésirables, sont
également à proscrire.
A prescrire
Des anomalies vitaminiques B1 ont été démontrées au cours des FM.
La vitamine B1 joue un rôle essentiel
sur la neurotransmission .
En pratique, le chlorhydrate de thiamine(BENERVA ®, BEVITINE ® cp 250 mg
) per os ou IM (BENERVA ®amp 100 et 500 mg) à la dose de 500mg/j est peu
efficace de même que la sulbutiamine. (ARCALION *)
Le traitement vitaminique B1 doit être prescrit 6 à 8 semaines et de façon
intermittente (l’effet rémanent dure une quinzaine de jours minimun).
· A l’étude
Le statut vitaminique B2 ne semble perturbé que chez 10 à 15 % des FM,
en association avec des troubles de la respiration mitochondriale et/ou une
hypothyroïdie. Dans ce cas un traitement par riboflavine (20 à 40 mg/j) ou
mieux de riboflavine phosphate peut être envisagé (BEFLAVINE * cp 10 mg).
La vitamine B6 pourrait se révéler
efficace sur les phénomènes de myotonie relative et pourrait améliorer le
métabolisme énergétique et celui des acides aminés soufrés (BECILAN*,
PYRIDOXINE*, cp 250 mg ou MAGNE B6. 125 mg/cp)
Les folates et la vitamine B12
souvent utilisés en algologie ont parfois été proposés au
cours des FM.
La vitamine C (efficace sur les
courbatures et les myotonies) a été proposée dans les syndromes myofasciaux et
son taux sanguin est diminué dans les FM. Elle doit être prescrite avec de
faibles doses de vitamine E pour un effet antioxydant optimum.
La somathormone (GH) est
déficitaire dans plus d’un tiers des cas de FM et un traitement par GH semble
particulièrement efficace dans ce sous groupe. Le problème du mode
d’administration et du coût d’une telle thérapeutique devraient orienter vers
un traitement stimulant la sécrétion de GH (arginine ou
clonidine-CATAPRESSAN*) bien que la réponse hormonale lors de ces
stimulations soit, elle aussi, diminuée.
Hormones thyroïdiennes
Des anomalies biologiques mais également des similitudes dans la
symptomatologie ont mis en évidence une relation privilégiée entre FM et
hypothyroïdie " tissulaire ", et certains auteurs, en l’absence d’hypothyroïdie
franche ont obtenus des résultats cliniques non négligeables en utilisant la
tri-iodo-thyronine (T3).
En dépit d’une tolérance étonnamment bonne, la thérapeutique par T3 peut être
considérée comme risquée et là encore les recherches devraient être orientées
vers des traitements facilitant la désiodation (
ou la fixation des hormones thyroïdiennes sur les récepteurs (thiols).
L’utilisation des oestrogènes est basée sur l’augmentation des FM en
post-ménopause et sur un effet anti-substance P de ces hormones.
D’autres essais thérapeutiques sur des déficits, ont également été proposés
avec quelques résultats, sans qu’il soit possible d’affirmer pour l’instant le
rôle essentiel de la mélatonine, de la calcitonine, de l’ocytocine ou du DHEA.
MINERAUX, OLIGO ELEMENTS ET ACIDES AMINES
A éviter
Le fluor, puissant
inhibiteur des enzymes de la glycolyse et de la production d’énergie est à
proscrire et ce d’autant plus que nous avons pu observer une fibromyalgie
déclenchée par la prise de fluor, s’améliorer rapidement après l’arrêt du
traitement.
Les acides aminés excitateurs
tels que le glutamate ou l’aspartate, en dépit de
résultats intéressants sur le métabolisme énergétique ne semblent pas être
indiqués au cours des FM, du fait d’un effet défavorable possible sur les
récepteurs NMDA et donc sur la douleur.
A prescrire
Le magnésium (Mg)
a fait l’objet de nombreux travaux : les investigations sont contradictoires
avec un probable et discret déficit en Mg érythrocytaire et une augmentation du
Mg leucocytaire. Théoriquement le Mg stimule la glycolyse, l’activation de la
vitamine B1 et les processus antioxydants.
Son action antalgique reste à démontrer, mais c’est un agent anti NMDA. En
pratique, l’utilisation de Mg sous forme de malate a donné des résultats
cliniques, à forte doses, dans une étude ouverte.
Un apport de Mg doit être quasi automatique lors de prescription de B1 ou de
B6.
· A étudier Le
manganèse pourrait être une piste intéressante dans la
mesure où un déficit a été observé chez quelques malades et du fait que la
carence expérimentale entraîne des anomalies tendineuses chez l’animal. Par
ailleurs, il intervient dans les processus antioxydant et il a un effet NO
mimétique qui pourrait être bénéfique sur la circulation musculaire.
LES ANTIDEPRESSEURS
A éviter
Une enquête effectuée chez des fibromyalgiques révèle que la
mianserine entraîne beaucoup plus d’aggravation que
d’amélioration
A prescrire
L’amitriptyline (LAROXYL cp 25, 50 mg et gouttes 1
mg/goutte) est un des premiers antidépresseurs prescrit, et, actuellement il
demeure le meilleur. Du fait de ses propriétés adrénergiques,
sérotoninergiques, mais également anti-histaminiques et probablement anti-NMDA,
il tient une place à part
Plusieurs études en double aveugle ont démontré son efficacité rapide, mais les
effets semblent s’estomper au fil des mois au point que des traitements de 3
mois seulement, en alternance avec d’autres traitements, sont souvent proposés.
Les posologies vont de 10 à 25 mg/j avec une préférence pour les faibles doses.
La tolérance, souvent médiocre, pourrait être améliorée par la prescription
concomitante de vitamine B1.
L’amitriptyline est parfois utilisée en association avec d’autres
anti-dépresseurs (fluoxétine - PROZAC*))
ou des anti-inflammatoire (naproxen).
.
· A l’étude
De très nombreux travaux ont été publiés sur les effets des antidépresseurs et
si quelques bons résulltats ont été signalés avec la doxepine (QUITAXON) , ils
sont souvent contradictoires, un peu en fonction du type d’étude (en double
aveugle ou en ouvert), des posologies ou des sujets traités (la proportion
d’état dépressif n’est pas toujours indiqué).
Les tricycliques autres que l’amitriptyline donnent des résultats médiocres, de
même que les quadricycliques.
Les inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine donnent
de meilleurs résultats sur la dépression et de nettement moins bons résultats
sur la douleur en mono-thérapie.
D’autres médicaments utilisés comme antidépresseurs tels que les IMAO de
dernière génération ou le 5 hydroxytryptophane semblent donner des résultats
prometteurs.
MAJ : Septembre 2000:
Paradoxallement, une étude par un antagoniste de la sérotonine semble avoir
donné des résultats (Voir ici)
Une première approche par l'utilisation de la mélatonine - régulateur du
sommeil - semble également prometteuse(Voir ici)
BENZODIAZEPINES ET MYORELAXANTS
A éviter
L’inefficacité de la chlormézanone
et du bromazépam a été démontrée.
A prescrire
Une seule étude en double aveugle a démontré l’efficacité du carisoprodol
(FLEXARTAL*) associé à d’autres produits)
L’alprazolam ( XANAX cp 0,25 et
0,50 mg ) à la dose de 0,5-3 mg/j, efficace seul ou en association avec
l’ibuprofène(BRUFEN, ADVIL ORALFENE, etc... ) semble bien toléré.
De faibles doses et des traitements de courte durée sont à recommander, tout en
sachant que les effets bénéfiques de cette benzodiazépine, qui a également des
effets antidépresseurs, ne peuvent apparaître qu’après la 8ème semaine.
· A l’étude
Un sondage effectué auprès des FM révèle que le thiolcolchicoside (COLTRAMYL*)
est apprécié par les malades de même que les benzodiazépines agissant
principalement sur les récepteurs périphériques (tels que le tetrazépam (MYOLASTAN)
Une étude ouverte a démontré que le temazepan (NORMISON*) était supérieur à
l’amitriptyline.
Ces médicaments, entrainant des effets négatifs sur le sommeil
lent profond et sur la force musculaire, devraient être évités.
En fait, ils peuvent, lors de cures courtes entraîner quelques améliorations
.
AUTRES THERAPEUTIQUES MEDICAMENTEUSES
Certains médicaments devraient améliorer les FM notamment le dipyridamole, la
scopolamine, certains diurétiques (qui ont des effets antalgiques) ou les
inhibiteurs calciques (efficaces sur les courbatures " du lendemain
").
· Les bétastimulants, qui améliorent la
glycolyse ont démontré, dans une étude ouverte, leur efficacité au cours des
FM. Un tel traitement doit être utilisé avec précaution, chez des sujets jeunes
et pas trop désentraînés. A côté du salbutamol ou de la terbutaline,
l’heptaminol, plus maniable, pourrait faire l’objet d’une étude.
· La plupart des médicaments susceptibles de
modifier le tonus adrénergique dans un sens ou dans un autre peuvent parfois
être utilisés au cours des FM, qu’il s’agisse de traiter des phénomènes
algiques résistants, une hypotension orthostatique ou bien encore une dysurie.
· Certains médicaments utilisés en pathologie
ischémique cérébrale, tels que le piracétam (NOOTROPYL, GABACET ) ou la
trimétazidine (VASTAREL) améliorent la glycolyse et le métabolisme du pyruvate
dans les FM mais sans effet clinique évident
· L'effet antalgique de la trinitrine a été
démontré
· Le buflomédil (FONZYLANE) , par un effet
adénosine like, pourrait également agir sur les douleurs ; la pentoxifylline (
TORENTAL) a également été proposée.
· L’efficacité de la superoxyde dismutase a
été démontrée au cours des FM mais la catalase est sans effet.
RAPPEL : Texte intégral : Info Myalgie -
J. Eisinger